Mia International SA - Presse CCME
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MIA TRADING : PARCOURS ASCENDANT DE MOHAMMED MECHBAL

Mohammed Mechbal a fondé une société prospère d'import-export en alimentation ethnique.

Bien connu de la communauté belgo-marocaine, il est aussi mécène d'activités sportives, culturelles et d'insertion sociale.

Journée maussade à Bruxelles. Sur le site de Mabru, le marché matinal de Bruxelles, la pluie ne lâche rien. Mais il en faut bien plus pour contrer le sens de l'accueil hors pair de Mohammed Mechbal. Dans l'entrepôt garni d'olives, de citrons confits et d'épices en tout genre, un escalier métallique mène au bureau du chef d'entreprise. "Ma fierté, c'est de voir d'où je suis parti et où je suis arrivé", livre-t-il, pendant qu'à la fenêtre, un citronnier fait le guet.

Cet entrepreneur est à la tête de Mia International SA, une société d'import-export en alimentation ethnique, qu'il a fondée il y a 30 ans. Identifiant un manque au sein de la communauté belgo-marocaine qu'il côtoie, il permet dans un premier temps de répondre à leur demande de produits méditerranéens. "Quand nos familles partaient en vacances au Maroc, elles emportaient des cadeaux et revenaient chargées d'huile d'olive, de fèves, de semoule; tous les produits que nous consommions pendant les six mois qui suivaient", se rappelle-t-il.

Arrivé en Belgique à l'âge de 12 ans, Mohammed Mechbal a fait des études d'assistant social avant de travailler comme auxiliaire au ministère de la justice. À l'âge de 30 ans, il prend un congé sans solde pour lancer son affaire. Mais le social ne le quitte pas: parallèlement à son activité, il aide ses comparses qui ouvrent des commerces, mais manquent de structure: "J'ai commencé en faisant du commerce social, explique-t-il. Je travaillais avec des magasins qui étaient en difficulté, qui avaient par exemple des problèmes d'illettrisme, en leur conseillant un comptable, en leur expliquant l'importance des cartes de visite, etc." Ainsi, il leur permet de mieux s'organiser.

De fil en aiguille, Mohammed Mechbal se tisse un réseau épais de petits commerçants qui sont la base de sa clientèle. L'entreprise devient alors représentante de Ducros en Belgique et commence à exporter, avec toutes les difficultés que l'Europe fermée pouvait engendrer: "Pour envoyer en Allemagne, il fallait être à 7h à Eynatten et faire la file pendant des heures, parfois une journée. C'était une autre époque. Aujourd'hui c'est plus facile."

Épiceries de quartier, supérettes, supermarchés, les clients de Mia Trading foisonnent à Bruxelles. "On est présent là où il y a une demande", résume Mohammed Mechbal. On retrouve ses produits aussi dans les supermarchés, en fonction du public qu'ils rencontrent.

2ÈME SUR LE MARCHÉ ETHNIQUE EUROPÉEN

Mohammed regrette toutefois le cloisonnement que les produits "exotiques" subissent dans les rayons. "On reste séparés des produits classiques. Pourquoi nos pois chiches ne se retrouvent-ils pas au rayon des légumes secs plutôt que d'être compartimentés avec la semoule et le harissa?", déplore-t-il. À côté des commerces, de nombreux acteurs de l'Horeca se fournissent également chez lui, comme le restaurant "La Marie-Joseph", place Sainte-Catherine à Bruxelles. L'emblème de l'entreprise est sans doute le thé vert de Chine baptisé "Bouraza", utilisé pour confectionner le thé à la menthe.

Aujourd'hui, Mia Trading, qui emploie une vingtaine de personnes, est en deuxième place sur le marché ethnique en Europe. "Sur nos 15 millions de chiffre d'affaires, en moyenne, nous réalisons un tiers à l'étranger", indique Mohammed Mechbal. Allemagne, France, Hollande, Espagne... les produits Mia Trading voyagent jusqu'en Tchéquie et en Roumanie.

Mais, ces derniers mois, l'entreprise a connu quelques difficultés. Une pénurie de légumes secs, dont les cultures sont remplacées par d'autres plantations plus rentables, les a forcés à réduire les volumes. Et dû aux nouvelles dispositions européennes sur les pesticides, de nouveaux fournisseurs de thé vert ont dû être trouvés en Chine, ce qui n'a pas été simple: "On a dû passer de 400 tonnes par an à 50, révèle Mohammed. Le thé sans pesticide est très difficile à trouver en Chine." Une baisse du chiffre d'affaires est donc à prévoir pour cette année.

ENTREPRISE ET DIVERSITÉ

Malgré cela, Mia Trading reste une belle réussite. Et surtout, elle permet à Mohammed Mechbal de continuer à "faire du social", en soutenant notamment les jeunes des quartiers populaires. Depuis plusieurs années, il soutient par exemple un club de mini-foot dans le centre de Bruxelles. L'équipe est associée à un programme de raccrochage scolaire qui exige de ces 200 jeunes des résultats scolaires satisfaisants pour pouvoir jouer. "Monsieur Bouraza", comme le surnomment les joueurs, soutient aussi de nombreux artistes et initiatives de promotion de la culture du Maroc, ce qui explique sans doute sa popularité auprès de la communauté belgo-marocaine. Une popularité qui lui a valu en décembre dernier de remporter le prix du public aux Diwan Awards, une cérémonie qui récompense les membres les plus remarquables de cette communauté.

"La moitié des entreprises à Bruxelles, c'est de la diversité", affirme Mohammed. Promouvoir l'entreprenariat et insérer les jeunes dans la vie professionnelle est son combat de prédilection. Sa vocation est de "redonner des modèles positifs".

Source : Mia Trading : parcours ascendant de Mohammed Mechbal